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La numérisation du texte, de l’image, fixe ou non, du son, et l’existence de sources documentaires nativement numériques  modifient radicalement la recherche aussi bien que l’enseignement dans les domaines des lettres, des arts, des langues et des sciences humaines. Où se trouve « la donnée » dans nos domaines ? Cette question simple, autrefois, appelait une réponse évidente: dans les églises, les musées, les bibliothèques, dans les manuscrits, les salles de cinéma et de théâtre, les performances. A l’heure où, grâce aux bases de données massives, se construisent de nouvelles représentations des objets documentaires, aussi bien dans le domaine de la muséographie, de l’historiographie, de la littérature ou de la linguistique que de la cartographie, de la géographie, de la reconstruction virtuelle ou de la représentation des savoirs anciens et du patrimoine, nous assistons à l’émergence d’une recherche qui questionne l’objet documentaire ainsi que la place des lieux d’information dans les espaces virtuels.

En multipliant les sources d’information, en les rendant plus accessibles, en les délocalisant, la numérisation brouille les notions « d’original » ou « d’authentique » et multiplie les sources du témoignage et de l’enquête. Elle installe un nouveau rapport aux sciences basé sur la coopération et l’échange, faisant des marges disciplinaires le coeur de sa dynamique.

Une expression semble aujourd’hui résumer ce phénomène : ce sont les « humanités numériques ». Le terme est employé aujourd’hui pour désigner l’alliance du dispositif numérique et des « humanités » classiques, ou des « humanities » anglo-saxonnes, mais cette appellation elle-t-elle spécifique et pertinente ?